Cet été, je suis enfin allé à Las Vegas pour Black Hat et DEF CON — deux événements mythiques qui ont façonné la culture hacker depuis des décennies.
C'était ma première fois là-bas, et j'y suis allé avec Charlie Bromberg, le créateur d'Exegol.
Ensemble, on a filmé et publié un vlog de l'expérience, pour capturer à la fois l'ambiance et ce que ces événements sont devenus aujourd'hui.
Le mythe et la réalité
Quand on grandit dans le monde de la cybersécurité, Black Hat et DEF CON font figure de temples.
Ce sont les lieux où les hackers, chercheurs et passionnés se retrouvent, où l'innovation et la curiosité règnent.
Et oui, il y a quelque chose de spécial à se retrouver entouré de dizaines de milliers de personnes qui parlent le même langage : celui du hack, de l'expérimentation et de la découverte.
Mais une fois sur place, on réalise aussi que tout événement suit un cycle.
Ça commence brut, underground, authentique — puis ça devient à la mode, ça grossit, et ça finit par se transformer en business optimisé pour attirer le plus de monde possible, en perdant un peu de son âme au passage.
Aujourd'hui, Black Hat ressemble plus à un salon professionnel qu'à une conférence hacker.
Les allées sont pleines de stands sponsorisés, de pitchs commerciaux, de goodies.
C'est impressionnant, oui, mais ce n'est plus inspirant.
DEF CON : l'esprit du hack survit dans les villages
DEF CON, lui, garde encore une part de son esprit d'origine — à condition de savoir où chercher.
Les meilleurs moments ne se passent pas sur les grandes scènes, mais dans les villages.
Deux m'ont vraiment marqué : • Data Duplication / Replication Village — un espace chaotique et passionné, plein de gens qui expérimentent vraiment. • Packet Hacking Village — avec son mythique Wall of Sheep, ses lumières sombres, et cette atmosphère brute typiquement hacker.
Ces coins-là m'ont rappelé pourquoi on hacke : pas pour la visibilité, ni pour les sponsors, mais pour le plaisir de comprendre, détourner, créer et partager.
Le regard d'un entrepreneur français
En venant de France, où les événements cyber sont plus petits, plus communautaires, c'était frappant de voir cette démesure.
Mais ça m'a surtout confirmé une conviction : l'authenticité ne se scale pas.
Quand on grandit sans protéger son ADN, on finit par perdre ce qui faisait sa différence.
Et ça vaut autant pour les conférences… que pour les entreprises.
Et maintenant ?
Je suis content d'y être allé.
J'ai appris, j'ai rencontré des gens, et j'ai vu de mes yeux le contraste entre le mythe et la réalité actuelle de la culture hacker à grande échelle.
Mais si j'y retourne, ce sera pour les villages, les événements alternatifs, et les personnes authentiques derrière les badges — pas pour le show.
Le vlog qu'on a tourné avec Charlie reflète encore mieux tout ça que n'importe quel article.